Programme de mars à novembre 2015

AVANT-PROPOS

La psychiatrie et la santé mentale ont connu des évolutions majeures durant les 50 dernières années.

La sectorisation a profondément repensé le soin en situant le secteur dans la cité.


En 2015, l’EPSM Lille-Métropole célèbre ses 400 ans. 400 ans d’histoire, depuis la maison des « Bon-fieux ».


400 ans d’évolution, pour arriver à proposer un soin autrement, un soin hors les murs, des dispositifs de psychiatrie intégrés dans la cité, au plus près des citoyens.


Mais l’évolution de la psychiatrie et de la santé mentale est toujours en marche.


Avec l’ambition de proposer un soin qui, progressivement, devient un système de santé complètement ouvert sur la communauté, s’occupant des personnes, de leur trajet de soin et de vie.


Dans les années à venir, l’EPSM Lille-Métropole renforcera ce système de santé intégré dans la cité, au plus près des citoyens, faisant des services de psychiatrie de secteur des partenaires essentiels de la santé mentale des populations en lien avec les usagers, les familles, les élus, les services sanitaires et sociaux, les services de la justice, les bailleurs sociaux et toute la société.


Voilà ce que la communauté hospitalière de l’EPSM Lille-Métropole célèbre aujourd’hui, au travers d’un parcours culturel et festif décliné suivant 2 axes :


    - L’évolution des pratiques de soins

        De l’histoire à des pratiques de soins sectorielles, innovantes et variées

        Les liens avec la cité

        La destigmatisation de la santé mentale

        La culture, un axe de réhabilitation sociale

        Vers un système de soins ouvert sur la communauté

    - L’évolution architecturale hospitalière en psychiatrie

        Passée

        Actuelle

        En fonction des différents types de lieux de soins

        Avenir (du site armentiérois, des autres lieux de soin).

Le Directeur

Joseph Halos

REMERCIEMENTS

Joseph Halos, directeur de l’EPSM Lille-Métropole


Comité de pilotage 400 ans :

C.Akinyemi, Infirmière, Pôle 59G19 - S. Antoszkiewicz, Assistante Sociale, Pôle 59G18 - S. Baret, Secrétaire, Service Communication - M-F Bossut, Vice-Présidente, GEM Juste Ensemble - E. Bourgeois, Directrice des Soins, Coordinatrice Générale - P. Bourgeois, Cadre Supérieur de Santé, Pôle 59G18 - M. Buriez, Educatrice Spécialisée, Pôle 59G07 - S. Curnelle, Educatrice Spécialisée, Pôle 59G21 - F. Degraeve, Cadre de Santé, Pôle 59G07 - E. Delestrez, Cadre de Santé, Pôle 59G07 - B. Demoor, infirmier, Pôle 59G19 - I. Demouveau, Praticien Hospitalier, Pôle 59G18 - B. De Paepe, Cadre Supérieur de Santé à la retraite - B. De-Praeter, infirmier, Pôle 59G18 - A. Descamps, Cadre de Santé, Pôle 59G18 - D. Desmet, Cadre de Santé, Pôle 59G18 - V. Dessenne, Chef de bureau, DPEIMP - V.  Detant, Infirmière, Pôle 59G10 - E. Dheygere, Directrice, Le Vivat - L. Dirou, Faisant Fonction Cadre de Santé, pôles 59G16/G17 - S. Duborper, Cadre de Santé, Pôle 59G17 - D. Duthoit, Cadre de santé à la retraite - Dr E. Elia, Vice-Présidente CME, Médecin Chef, Pôle 59G20 - A. Fernagut, infirmier à la retraite, historien  - M. Freuze, Secrétaire, GEM Juste Ensemble - Dr V. Garcin, Médecin Chef, Pôle 59I03 - C. Gomber, Cadre de Santé à la retraite - V. Jean, Directeur du pôle public, Le Vivat - R. Joignant, Cadre Supérieur de Santé, Pôle 59I03 - P. Kemp, Président de l’association du Musée hospitalier régional de Lille, chargé du patrimoine au CHRU de Lille - F. Lacroix, GEM Juste Ensemble - E. Lagarde, Artiste animatrice, Frontière$, Pôle 59G21 - Dr C. Lajugie, Médecin Chef, Pôle 59G07 - Dr B. Lavoisy, Médecin Chef, Pôle 59G19 - A. Legrand, Ingénieur, DPHP - C. Lemaire, Manager culturel, Frontière$, Pôle 59G21 - A. Lieven, Ergothérapeute, Pôle 59G09 - M. Lips, Cadre Supérieur Socio Educatif à la retraite - R. Meesman, ambulancier à la retraite - J-L Merten, Cadre Supérieur de Santé, Pôle 59G10 - I. Mulier, Infirmière, Pôle 59G19 - Dr Catherine Nourry, Médecin Chef, Pôle 59G09 - R. Olive, Cadre Supérieur de Santé, Pôle 59G20 - V. Paul, Directrice de la Culture, du Tourisme et de l’Animation, Ville d’Armentières - B. Poulet, Responsable Espaces Verts, DMT - C. Roche, Médecin Chef, Pôle 59G10 - Dr J-L Roelandt, Président de la CME, Praticien Hospitalier, Pôle 59G21 - K. Rouxel, Educateur Spécialisé, Pôle 59G21 - S. Sigward, Plasticienne, pôles 59G18 et 59I03 - J. Taramazzo, Plasticienne, Pôles 59G09, 59G16 et 59G17 - V. Waxin, Attaché d’Administration Hospitalière, DPEIMP - S. Weill, Responsable, Service Communication


Usagers et professionnels de l’EPSM Lille-Métropole


Partenaires culturels, associatifs,…, institutionnels

Les bons fieux furent tout d’abord un hospice général,

soit un endroit de relégation des déviants.

On y trouvait  à son ouverture, des personnes âgées, alcooliques, des mendiants, des errants, des libertins, des fous et des prostituées. Puis sous l’effet de la médicalisation de la folie, il devint un hôpital psychiatrique pour tous les hommes du département du Nord et cela jusqu’en 1972. Il fût mixé grâce à la politique de sectorisation. Ce fût aussi la fin de l’enfermement, car l'Asile d’Armentières, fut aussi le paradigme de l’enfermement asilaire, tous les patients étant en obligation de soins et en service fermé jusqu’en 1977, la règle du tiers s’y appliquait : 1/3 des entrants mourraient, 1/3 en sortaient en guérissant ou étaient  repris par leur famille, 1/3 y restaient et souvent très longtemps. La solidarité ne s’est pas vraiment manifestée lors de la dernière guerre,  la plupart des personnes qui ne s’étaient pas évadés sont décédées, mortes de faim par application des tickets de rationnement par les autorités de Vichy, Rendons hommage à tous ces morts anonymes et abandonnés. Bien souvent les  concentrations humaines enfermentes précédent les exterminations. Ici elle fût douce, mais bien réelle.

Quelques figures héroïques  traversèrent l’hôpital psychiatrique d’Armentières : Sven Follin, un des penseurs de la psychopathologie, réfugié norvégien à Armentières ,  l'éducateur André Deligny  ("je suis d'asile") qui mit en œuvre l'éducation active au pavillon 3 et qui inspira toute une génération pour sa conception des enfants autistes, et enfin Bruno Castets, ("'l'enfant fou") qui avait tenté de modifier en l'humanisant  le sort des enfants et adolescents hospitalisés, et qui a été exclu de l’hôpital psychiatrique d’Armentières. Il avait mené une lutte anti asilaire et contre l’arbitraire qui frappait les 800 enfants de l'imp à l'époque. Et aussi Jules Henri Achille Leclerc,  artiste incroyable interné au pavillons 11, dont les tapisseries ornent dorénavant les plus grands musées,  et René Ferret dont la carrière cinématographique commença par un internement dont il tirera le film "l'histoire Paul" qui fit la première page du monde signée par Michel Foucault et qui revient en ces lieux tourner "la place d'un autre" 20 années après,  faisant participer patients et personnels à cette aventure.
- 1976 : 2413 patients pour 1000 lits installés un changement de paradigme : en finir avec une psychiatrie asilaire et mettre en place la sectorisation, faire alliance avec les élus, les familles, les patients, la population. La venue  de Franco Basaglia et de son équipe en 1976, la fermeture du pavillon de force régionale en 1984 et la déposition de Lucien Bonnafé au procès de la Folie, lors de la  semaine culturelle qui eut lieu dans ce pavillon de force à l’époque  ont  été les phénomènes les plus marquants. L’intégration citoyenne, le droit des patients et une médecine psychiatrique toujours plus volontaire pour faire sortir les personnes de l’hôpital, pour les mener vers la guérison, et le rétablissement, les médicaments, les mesures sociales en particulier l’AAH qui permit  l'accession aux appartements associatifs  et l’ouverture à la cité.

Passer d’une psychiatrie  qui enferme à une psychiatrie qui soigne. Armentières,  le "104" qui faisait peur devient un opérateur de territoire sur toute la métropole. L’hospitalisation n’y est qu’un moment bref  alternatif aux soins dans la cité où les équipes de psychiatries sont complètement intégrées avec la médecine générale, le service social et les accompagnant. Plus qu’une évolution, une révolution. Elle est encore en marche, contre l’exclusion et la stigmatisation en faveur des soins pour tous, en prévention dans la cité et en partenariat avec les usagers et les aidants. L’intelligence collective  de cet établissement, et le positionnement  unanime de ses médecins  a permis depuis maintenant 40 ans cette évolution considérable, faisant de l’EPSM Lille-Métropole un des acteurs les plus avancés de la santé mentale dans la communauté, remarqué dans son organisation territoriale par l’Organisation Mondiale de la Santé. Que ce travail se poursuive encore 400 ans, et même plus, toujours dans la cité.

Dr Jean-Luc ROELANDT
Président de la CME
Directeur du Centre Collaborateur de l’OMS